Atteint de surdité, David-Alexis poursuit son rêve de jouer au hockey - LeQuotidien

David-Alexis Simard a deux objectifs bien précis pour les prochains mois : remporter la coupe Dodge avec son équipe de hockey et se faire remarquer par des recruteurs d’Équipe Canada... rien de moins. Deux rêves à sa portée, quand on sait que son équipe, les Sags 2 bantam BB, connaissent une bonne saison, et qu’il participera, en mai, à Edmonton, aux Jeux des sourds du Canada 2020.

Le jeune baieriverain de 14 ans a une surdité congénitale, le syndrome de Pendred, une maladie héréditaire récessive. Sa mère, Julie Saint-Hilaire, explique qu’elle et son conjoint sont tous deux porteurs du gène. La jeune soeur de David-Alexis, âgée de 8 ans – il s’agit d’une famille de cinq enfants – est également atteinte de surdité.

David-Alexis a un implant cochléaire à l’oreille droite depuis le 20 janvier 2013. Il a encore quelques « restes auditifs » pour la gauche, rendant possible le port d’une prothèse auditive qui lui donne accès aux sons naturels, ce qui facilite la compréhension de la parole. Son vestibule gauche, cependant, est détruit.

Et un coup reçu à la tête, en fin de semaine dernière, lors d’un tournoi de hockey à Trois-Rivières, a occasionné une perte d’audition profonde, rendant impossible le port de sa prothèse auditive. « On se croise les doigts pour que la médication fasse son effet. Dans l’éventualité où l’audition ne revienne pas à la suite de la prise de cortisone, il faudra penser à entamer le processus pour l’obtention d’un second implant. Jusqu’à tout dernièrement, David-Alexis avait la chance d’accéder aux sons naturels avec sa prothèse. C’est rare les personnes sourdes qui ont la chance de bénéficier à la fois d’une prothèse auditive et d’un implant cochléaire », a expliqué sa mère lors d’une entrevue avec Le Progrès.

Comme il n’a qu’un seul vestibule – l’organe interne responsable de l’équilibre –, sa mère confirme qu’il possède un système de compensation exceptionnel. Et toute une détermination aussi. C’est lui, à huit ans, qui a demandé au chirurgien s’il pouvait continuer à jouer au hockey. Il a obtenu la permission, à condition qu’il passe des tests régulièrement. Chaque année, il pense devoir arrêter, mais heureusement, l’aventure se poursuit saison après saison.

« S’il a des sensations de vertige, il doit arrêter. Il connaît ses limites. Il sait que ça peut se terminer n’importe quand. Il est toujours content, toujours constant », explique sa mère.

Il a donc développé des trucs pour protéger sa tête, pour parer les coups. Il porte aussi un casque pour adulte avec des protecteurs qui lui permettent d’amortir les coups.

Détermination

Cette blessure aurait pu décourager bien des joueurs, mais une rencontre avec David-Alexis, mardi, a permis de constater que la détermination a eu le dessus sur le découragement. De quoi donner des leçons à bien des gens. La preuve ? Depuis vendredi, son équipe participe au Tournoi provincial pee-wee bantam de Saint-Félicien et il compte remporter les grands honneurs. « Au début, j’ai essayé le soccer et mon cousin jouait au hockey. J’ai essayé et j’ai aimé ça. Je joue comme les autres et je m’adapte », explique-t-il, accompagné de son interprète, Catherine Gagnon.

Quand Le Progrès l’a rencontré, il venait d’enlever son équipement de hockey après un entraînement sur la glace de l’aréna Marina-Larouche avec ses coéquipiers du sport-études de l’Odyssée Dominique-Racine. Il fait d’ailleurs partie de cette concentration depuis sa cinquième année du primaire, lui qui est aujourd’hui en secondaire III. « C’était sa décision ! », souligne sa mère.

Quand on lui demande de décrire quelle sorte de joueur il est, il parle tout de suite de sa bonne vision du jeu. Il se dit compétitif, comme Brendan Gallagher. Avant, il se comparaît à Max Domi, mais c’est terminé, parce qu’« il n’est plus bon » ! Son joueur préféré ? Connor McDavid.

Le #36 assure ne jamais avoir eu de problèmes avec les autres joueurs. Les entraîneurs répètent un peu plus souvent, et parlent plus lentement, mais il ne s’est jamais senti exclu. « Je lis beaucoup sur les lèvres aussi. J’ai appris », explique-t-il.

L’attitude que ses parents ont toujours eue envers lui n’est certainement pas étrangère à son positivisme. « Nous l’avons toujours traité comme un enfant normal. C’est important pour nous. On reconnaît ses difficultés, mais on ne met pas l’accent là-dessus », confirme sa mère.

Malgré tout, une histoire cocasse a survécu dans le temps. Il peut maintenant jouer avec ses appareils, mais ça n’a pas toujours été le cas... Lors d’une partie, même si l’arbitre avait sifflé, David-Alexis a continué à jouer, ne l’ayant pas entendu. Cette situation a fait sourire les gens, et encore aujourd’hui, sa mère en rit quand elle en parle.

JEUX DES SOURDS: OBJECTIF, ÉQUIPE CANADA

La participation de David-Alexis Simard aux Jeux des sourds du Canada (JSC), du 12 au 16 mai, à Edmonton, lui permet de rêver grand. Même si l’événement n’a pas de volet compétition, il pourrait lui ouvrir les portes de compétitions à l’échelle internationale.

En effet, les JSC offrent une belle opportunité aux entraîneurs et gérants d’équipes de l’Association des sports des sourds du Canada (ASSC) de recruter et de découvrir de nouveaux athlètes. Le but ? Joindre Équipe Canada et participer à des compétitions internationales. 

David-Alexis s’envolera donc seul, sans ses parents, vers l’Alberta. Il connaît toutefois l’une des participantes, Sophie Gagnon, qui joue également au hockey. Quand on lui demande son objectif, il répond promptement : faire Équipe Canada. 

« C’est son objectif, confirme sa mère, Julie Saint-Hilaire, mentionnant toutefois ne pas connaître le niveau des autres joueurs. Ce sont des portes qui s’ouvrent pour lui. C’est super enrichissant. Il est très bon, mais pas assez pour la Ligue nationale. Ça lui donne la chance de vivre le même genre d’expérience. »

Le jeune de 14 ans a été approché par les JSC parce qu’il est sous l’aile de l’ASSC depuis quelques années. Une lettre écrite par son entraîneur des deux dernières années, Yves Brousseau, lui a permis d’être sélectionné pour les jeux. 

« Il est la preuve vivante que rien n’est impossible », dit fièrement sa mère.

CE QU'ILS ONT DIT...

«David est un excellent joueur de hockey avec une intensité et un sens du jeu assez remarquable. Toujours impliqué et dévoué pour son équipe. Un exemple à suivre pour performer en tant qu’équipe. C’est la deuxième année consécutive que je suis l’entraîneur-chef de David-Alexis et il se démarque par sa personnalité et son langage non verbal. Il est très facile à entraîner, car il écoute les consignes et exécute celles-ci sans jamais dire un mot. Il en redemande toujours, car il est un guerrier redoutable. Un modèle en tant que persévérance.»

- Yves Brousseau, entraîneur-chef des Sags 2 bantam BB

«C’est un élève discipliné, à son affaire. Il a beaucoup d’entregent et il est beaucoup aimé. Il est très à l’aise avec sa surdité, il est très inclusif.»

- Catherine Gagnon, interprète de David-Alexis

«Il a un QI hockey assez impressionnant. Il essaie de lire les jeux, de les anticiper. Il a une très bonne lecture du jeu. Il compétitionne bien avec et sans la rondelle. Il fournit des solutions à ses coéquipiers.»

- Chrys Ferland, responsable du programme de sport-études en hockey

Source : LeQuotidien

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